Le règlement DORA (Digital Operational Resilience Act) est pleinement applicable depuis le 17 janvier 2025. En 2026, les autorités de supervision (BCE, ACPR, AMF) intensifient leurs contrôles. Voici les obligations concrètes pour les établissements financiers — et l'état des contrôles un an après l'entrée en vigueur.

Qui est soumis à DORA en 2026 ?

DORA s'applique à plus de 20 catégories d'entités financières dans l'UE :

  • Établissements de crédit (banques)
  • Établissements de paiement et e-money
  • Entreprises d'investissement
  • Compagnies d'assurance et réassurance
  • Gestionnaires de fonds alternatifs (AIFM) et OPCVM
  • Prestataires de services sur crypto-actifs (PSCA)
  • Prestataires TIC tiers critiques (par désignation BCE/ESMA)
DORA 2026 conformité établissements financiers européens

Les 5 piliers de DORA et leur état de mise en œuvre en 2026

  1. Gestion du risque TIC — Cadre de gouvernance ICT obligatoire, RACI défini, politique de risque TIC approuvée par le Conseil d'administration. La plupart des grandes banques ont formalisé ces éléments, mais les entités plus petites accusent du retard.
  2. Notification des incidents majeurs — Signalement en 4 heures à l'autorité compétente pour les incidents critiques, rapport intermédiaire en 72h, rapport final en 1 mois. En 2025, les premières notifications ont révélé des lacunes dans les processus de classification.
  3. Tests de résilience opérationnelle numérique — Tests TLPT (Threat-Led Penetration Testing) obligatoires tous les 3 ans pour les entités significatives. Premier cycle en cours en 2026.
  4. Gestion du risque tiers TIC — Due diligence obligatoire sur tous les prestataires TIC, clauses contractuelles DORA dans les contrats. Le registre des prestataires TIC doit être communiqué aux superviseurs.
  5. Partage d'informations cyber — Participation aux dispositifs de partage d'informations sur les cybermenaces (volontaire pour la plupart des entités).

État des contrôles en 2026

Axe de contrôleÉtat d'avancement observéPoints de vigilance
Gouvernance ICTAvancé chez les grandes entités, en retard chez les plus petitesDocumentation du RACI, formation du CA
Gestion des incidentsPremières notifications réalisées, processus encore en rodageClassification, délais de notification
Tests TLPTPremier cycle en cours, encore partielSélection prestataires testeurs accrédités
Risque tiers TICHétérogène selon la maturité de l'entitéInventaire complet, clauses contractuelles
Registre prestatairesEn cours de constitution, format encore disparateFormat exigé par RTS, exhaustivité

Sanctions prévues par DORA

DORA renvoie le régime de sanction des entités financières au droit national (article 50) : il n'existe pas de plafond chiffré propre à DORA pour les banques, assurances ou fintechs elles-mêmes. En France, sur le fondement de l'article L.612-39 du code monétaire et financier, l'ACPR peut :

  • Émettre un avertissement ou un blâme
  • Prononcer une interdiction temporaire d'exercice de tout ou partie des activités
  • Infliger une sanction pécuniaire dont le montant est fixé par le droit national, pas par DORA
  • Retirer l'agrément en cas de manquements graves persistants

Seule l'astreinte journalière prévue par DORA (article 35, jusqu'à 1 % du chiffre d'affaires moyen mondial, 6 mois maximum) est harmonisée au niveau européen — mais elle ne vise que les prestataires TIC critiques (CTPP) sous surveillance directe du superviseur principal (Lead Overseer), pas les entités financières supervisées par l'ACPR.

Pour approfondir : comment constituer le registre des prestataires TIC et la checklist de conformité DORA 2025.

FAQ — DORA 2026

Depuis quand DORA est-il applicable ?

DORA est entré en vigueur le 17 janvier 2025. Les contrôles des superviseurs européens (BCE, autorités nationales) s'intensifient en 2026.

Les petites fintech sont-elles soumises à DORA ?

Oui, si elles disposent d'un agrément dans l'UE (établissement de paiement, PSCA, etc.). Un régime proportionnel allégé s'applique pour les "microentreprises" (moins de 10 salariés, bilan < 2M€).

Qu'est-ce que le TLPT dans DORA ?

Le Threat-Led Penetration Testing est un test d'intrusion avancé basé sur des scénarios de cybermenaces réelles. Il est obligatoire tous les 3 ans pour les entités financières significatives désignées par les superviseurs.

Quelle est la différence entre DORA et NIS2 ?

NIS2 est une directive générale sur la cybersécurité applicable à de nombreux secteurs. DORA est un règlement sectoriel financier qui va plus loin en matière de résilience opérationnelle numérique. Pour les entités financières, DORA prime sur NIS2 (lex specialis).